Asnières,
école à succès
ILS ÉTAIENT
TOUS LÀ. Les dirigeants, les entraîneurs, les joueurs professionnels
et, surtout, les enfants issus des quartiers d'Asnières. Tous s'étaient
donné rendez-vous hier soir à la mairie pour recevoir, pour la troisième
année de suite (une première en France), le Trophée Molten qui récompense
la politique de formation et les performances du club dans les sections
jeunes.
Une politique gagnante entamée au début des années 1970 dans les écoles
- « dès le CE 2 avec un emploi du temps adapté pour la pratique du
volley alors que la plupart du temps il faut attendre jusqu'au collège
», indique le coach de l'équipe première, André Patin - qui a permis
l'éclosion de nombreux talents. Ainsi, lors du Championnat du monde de
2002, quatre des Tricolores médaillés de bronze (Frangolacci, Barça-Cysique,
Henno et Patin) étaient passés par la case Asnières. Aujourd'hui,
alors que le club consacre un quart de son budget (environ 150 000) à
la formation, la relève s'appelle Kherdine Zorgui (présent au club
depuis l'âge de 8 ans), Bandiougou Traoré (8 ans) ou Clément Bleuze
(10 ans). Sacrés champions de France de Pro B mi-mai, ces trois natifs
des quartiers d'Asnières défendront les couleurs de leur club en élite
dès septembre. Un passage des bancs d'école aux parquets de Pro A qui
fait rêver tous les gamins asniérois. « Le volley à Asnières, c'est
comme le football à Saint-Etienne », aime à dire Jean-Pierre Cayla,
maire adjoint aux sports. « C'est un travail en profondeur, explique de
son côté Manuel Aeschlimann, député-maire d'Asnières. Il n'y a pas
de mercenaires ici et les enfants peuvent s'identifier aux pros. C'est
important car le sport d'élite est une vraie locomotive pour les gamins
des quartiers. »
Ainsi,
il n'est pas rare de voir, dans les cités, des jeunes improviser des
matchs de volley. « A mon époque, on montait un filet entre un
lampadaire et un arbre et on se faisait des passes, se remémore Clément
Bleuze.
Et
c'est toujours comme ça. Au volley si tu veux marquer des points, t'es
obligé de compter sur tes coéquipiers. C'est un sport qui permet
d'apprendre aux jeunes le respect et la rigueur.
Il y a
dix jours, le club a effectué une véritable razzia lors des phases
finales des Championnats de France jeunes en décrochant les titres en
cadettes, cadets et benjamins et en terminant 2ème en
juniors.
Julien
Lesage - Le Parisien