|
Le Parisien du 15 mai 2006 |
Une victoire de copains
Il est un peu plus de 22 heures samedi soir. Sur une ultime attaque de Kherdine Zorgui, le gymnase des Courtilles, transformé en sauna, chavire de bonheur. Soutenu par un public chambreur et incandescent, Asnières, déjà assuré de retrouver l’élite l’an prochain, vient de s’imposer (3-1) devant Saint-Brieuc lors de la finale retour et remporte, après 1998, le titre de champion de Pro B. Après une saison de stress, joueurs et staff technique peuvent enfin laisser exploser leur joie. Avant la remise du trophée, Georges Labbouz, le trésorier supporter, distribue des tee-shirts avec les surnoms de chacun des héros et « Asnières champion de Pro B 2006 » écrit dessus. « Huit d’entre eux jouent ensemble depuis six ans » Le petit jeu de la course à l’autographe ne fait alors que commencer pour la marée de gamins venus encourager cette équipe de « grands frères ». « Il y a quelques années, j’étais à leur place, confie Zorgui, au club depuis l’âge de 8 ans, comme Clément Bleuze. C’est ça la force d’Asnières. On n’a peut- être pas la meilleure équipe du championnat, mais on se connaît depuis des années. On est des copains avant tout. » « Une bande de potes », confirme un Yannick Bazin à la voix cassée et aux cheveux peroxydés, qui a déjoué tous les pronostics et écrit l’une des plus belles pages d’un club pourtant déjà prestigieux (6 titres de champion en Elite et 2 Coupes de France). « C’était loin d’être évident en début de saison, et je pense qu’il n’y a qu’à Asnières qu’on peut réussir cela, affirme André Patin, mentor de plusieurs générations de champions et gardien du temple. C’était un vrai défi, et c’est une grande satisfaction d’y parvenir. Huit d’entre eux jouent ensemble depuis six ans. Une victoire comme celle-là amplifie forcément l’émotion. » Une consécration qui marque aussi « la fin d’un cycle », comme le dit Yannick Pica Bazin, puisque certains d’entre eux vont maintenant quitter le club. Mais, en attendant, tout le monde n’a la tête qu’à la fête. Entre copains évidemment. Julien Lesage – Le parisien du 15 mai 2006 |