Liste des articles

9 avril 2005

Hudima veut guider le Goëlo vers l'élite
Pro B (Play-off, 4e journée) : Goëlo - Asnières, samedi (20h)
Fort de sa victoire contre Toulouse (3-1), le Goëlo accueille Asnières, demain. Une équipe qui avait fait trébucher les Costarmoricains lors de la deuxième journée des play-off. Le capitaine Volodymyr Hudima exprime l'esprit revanchard de ses joueurs.

« Nous avons besoin de gagner les trois derniers matches pour monter en Pro A ». L'accent est hésitant, la voix tremblante, les mains entremêlées traduisent une grande timidité, mais la détermination, elle, est sans faille. Volodymyr Hudima et ses partenaires ne pensent plus qu'à ça : décrocher le précieux ticket d'accession à la Pro A. La victoire contre Toulouse (3-1), premier de la phase régulière, a remotivé les troupes de Nénad Djordjevic. Avec deux succès et une défaite contre Asnières (3-2), tous les espoirs sont encore permis pour les Costarmoricains. Un brin revanchards, les partenaires de Volodymyr Hudima sont plus motivés que jamais à l'idée de retrouver, samedi dans leur salle, ceux qui les avaient fait chuter. « Au match aller, nous étions fatigués. Mais nous avons tenu le rythme. Au cinquième set, on a mené 14-11 et on a même eu sept balles de match ! », se souvient Volodymyr, qu'ici tout le monde surnomme « Vova ».

Arrivé à l'intersaison en provenance de Tourcoing, l'Ukrainien avait le choix entre Nice et Saint-Quentin, mais c'est à Saint-Brieuc qu'il a décidé de poser ses valises. « Je suis venu pour l'ambiance. En plus, je connaissais déjà Nénad de réputation et j'avais eu l'occasion de jouer contre lui », explique « Vova ». Pourtant, il a longtemps tâtonné avant de trouver ses marques. « Nous avions une bonne équipe sur le papier mais nous avions beaucoup de mal à jouer ensemble à cause des nombreuses nationalités et des mentalités différentes. Maintenant, l'équipe a trouvé un équilibre », poursuit-il. Une véritable osmose qui permet aujourd'hui aux joueurs du Goëlo de rêver à la Pro A. Même si, pour « Vova », il s'agirait de retrouvailles avec un niveau qu'il connaît déjà bien pour avoir joué à Galatasaray, Athènes et Tourcoing.

Originaire de Mukolaev en Ukraine, Hudima a commencé à frapper le cuir blanc dès l'âge de six ans. « Je jouais dans la rue, et un jour, un entraîneur est venu me voir et m'a proposé de jouer dans son club », raconte-t-il. Sa passion, il l'a transmise à sa fille de 16 ans, qui joue en Nationale 3 à Cannes. Même si sa fierté de père l'emporte, l'Ukrainien reconnaît que l'éloignement de sa femme et de sa fille lui pèse. « L'année prochaine, j'espère qu'on pourra habiter ensemble », confie-t-il.

À 37 ans, Volodymyr arrivera en fin de contrat au terme de la saison. En cas de montée, il pourra prolonger d'un an. Mais, pour l'instant, son seul souhait est de « retrouver la Pro A le plus vite possible ». La tendance est à l'optimisme, car selon une expression ukrainienne bien connue, « le vieux cheval démarre toujours en retard mais arrive toujours le premier ».

 

Nathalie TROPÉE.