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Le Parisien du 30 avril 2003

Asnières en enfer

EN DIX JOURS, le volley départemental a pris une claque dont il aura du mal à se remettre. Son chef de file, Asnières, relégué en Pro B au soir du 9 avril, a été rejoint dans la charrette par Nanterre. Défaits à Chaumont (3-2), le 19 avril, les hommes de Wojtek Fabianczyk dégringolent eux aussi. Le numéro deux du volley masculin dans les Hauts-de-Seine, troisième club francilien, rejoint donc l'ACBB en Nationale 1. A moins que les Boulonnais, qui ont débuté samedi les play-down par une défaite sur leur parquet face à Neuweg-Saint-Louis, s'effondrent eux aussi et confirment le marasme ambiant. Seules les filles de Clamart, qui sont assurées de terminer à la première place des play-down, sauvent encore les apparences en prolongeant leur bail en Pro A féminine. Mais pour combien de temps encore ?

« L'avenir passe peut-être par un rapprochement entre clubs afin de mettre en commun nos moyens financiers » Si le manque de moyens financiers est l'incontestable dénominateur commun à nos pensionnaires au plus haut niveau, André Patin se refuse à toute généralité. « Ce qui arrive cette saison est plus une accumulation de mauvaises circonstances que la traduction d'un réel déclin du volley dans le département, note-t-il. Asnières en est le parfait exemple. On réussit une meilleure saison que l'an dernier et, malgré nos sept victoires, on descend à quelques sets près. » Des sets qui, avec quelques billets supplémentaires et donc un effectif plus étoffé, auraient pu tomber finalement dans l'escarcelle asniéroise. Or, le haut niveau devient de plus en plus exigeant. Les budgets, au volley aussi, sont à la hausse et le seul soutien des municipalités et du conseil général n'est plus suffisant. Trouver des partenaires privés devient une obligation pour exister. Un handicap de plus pour Asnières et Nanterre dont les maillots restent vierges de tout sponsor face aux véritables « hommes-sandwichs » que sont les joueurs de Tourcoing, Poitiers, Tours, Rennes ou Dunkerque. Timidement lié à Carrefour dont l'apport « suffit juste à payer les ballons », dixit son coach, Nanterre est loin de l'opulence. A l'image du voisin asniérois qui doit se contenter d'un contrat avec Masita, son équipementier, et d'une aide « négligeable » du Crédit mutuel. « Nos joueurs sont obligés d'avoir un emploi en dehors du volley, note Wojtek Fabianczyk. Du coup, on ne s'entraîne que trois fois par semaine. Les clubs de province, eux, ont des structures plus pro. » Ainsi qu'une identité et donc un public qui fait des envieux dans les salles de banlieue. « Quand tu joues à Poitiers, la salle est pleine. France 3 est là à tous les matchs, confie André Patin. On parle du club partout. Logiquement, cela attire les sponsors. Pour nous, l'avenir passe peut-être par un rapprochement entre clubs afin de mettre en commun nos moyens financiers. » Une idée à creuser.

Laurent Degradi